Sous une pluie torrentielle, une femme sans domicile trouve un abri provisoire dans un ancien centre de soutien scolaire promis à la démolition. De refuge en refuge, Entrée et sortie observe ce qui reste possible lorsque aucun lieu ne peut devenir tout à fait une demeure.
Depuis plus de dix ans, la narratrice vit dans la rue et mesure le monde à partir de besoins immédiats : échapper à la pluie, trouver de l’eau, manger, dormir quelque part. Un centre abandonné devient pour un temps son refuge. Elle y croise un homme malade, tandis qu’autour d’elle se succèdent chantier, chambres précaires, institutions, souvenirs du père et menace de démolition. Sans dramatisation appuyée, le récit fait apparaître la fragilité des lieux que l’on habite et des relations que l’on accepte ou évite. Le motif de l’entrée et de la sortie traverse ainsi une vie où tout abri peut se refermer et où chaque départ mène vers un autre lieu provisoire. Jusqu’aux outils rouillés du père et aux jeunes séquoias plantés sur une décharge, le texte maintient une écriture sobre et concrète, attentive aux gestes, aux odeurs et aux matières. Une nouvelle singulière sur la précarité, la mémoire et la recherche obstinée d’un endroit où rester.