Une femme recueille et réinterprète, chez de jeunes hommes, les gestes, les odeurs, les regards et les infimes déplacements du pouvoir, qu’elle rassemble sous le nom d’« essais ». Mais le langage dont elle se sert pour lire autrui brouille peu à peu la frontière entre le réel et l’invention, faisant de la nouvelle la chronique périlleuse d’une conscience qui s’interprète elle-même.
Dans l’escalier est une nouvelle psychologique qui suit la manière dont, chez une narratrice, la mémoire, le désir et la compulsion d’interpréter finissent par s’absorber mutuellement. À travers un système métaphorique singulier, dans lequel les jeunes hommes sont désignés comme des « essais », le texte ne se déploie ni comme une histoire d’amour ni comme une romance. Il met plutôt au jour une architecture intérieure où le regard et l’interprétation, la domination et la soumission, la vénération et le mensonge à soi-même deviennent indissociables.
La narratrice lit les gestes, les odeurs et jusqu’à la texture des voix d’autrui, convaincue que nul ne saurait interpréter avec autant de précision qu’elle. Pourtant, cette lecture minutieuse n’est peut-être qu’une forme transformée du langage du désir, un récit qu’elle invente elle-même afin de rendre le réel supportable.